Le Dernier Bronzier de Bangkok

L’âge de pierre, l’âge du bronze, l’âge du fer, l’âge du sable, demain l’âge de l’air, de l’atome, du neutron, je ne sais pas, mais une chose est sûre le bronze tout le monde s’en fout. On s’intéresse au cuivre pour sa conductibilité, mais le bronze, notamment le bronze d’art disparaît aux quatre coins du continent. Sur son lit de mort, mon père regrettait de ne pas avoir pris le virage du net pour vendre aux USA ses tables, ses lampes et bouts de divans en bronze. Aujourd’hui à Bann Bu j’ai vu le dernier bronzier de Bangkok. Le mec et son épouse suent sang et eau pour confectionner au feu et au marteau des bols et des coupes pour les offrandes des temples Bouddhistes. Des heures et des heures devant la forge où il doit faire 50 ° , des heures et des heures à lever la masse et s’assourdirent quand elle lamine le métal, ensuite on ébarbe dans la poussière du charbon de bois, on polit et on cisèle. Le corps souffre, l’esprit tente d’échapper à la douleur. De l’atelier à l’échoppe il y a cent mètres. Le quartier es désert pris en étau entre un klong et une voie de chemin de fer surannée. L’avenir ce sont les hôpitaux, ceux du roi, et des investisseurs portés vers le tourisme médical. Le bronze est passé d’âge, alors on ne marchande pas un des des derniers bols made in Thailand. Ce n’est pas l’aurige de Delphes certes, mais il a quand même de la gueule ce bol.

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