Leica & moi

Il existe dans les Hautes Alpes une rando sympa : La Blanche. Il faut partir tôt car le soleil cogne assez fort pendant les 6 à 7 heures de marche. On y croise des citadins en recherche de perte de poids, des jeunes en recherche de performances, des photographes en recherche de motifs, des pèquenauds comme moi qui ne cherchent rien mais croise un jour un mec avec un Leica autour du cou et se disent : fort le gars, et d’ajouter moi aussi un jour j’aurai ce bijou autour du cou. Il m’a fallu attendre une vingtaine d’années pour acquérir un M4P, une cellule magnétique et un labo de développement. Je traîne la boîte à images à chaque séjour en Asie en espérant ne pas trouver un mec de la sécurité des aéroports trop con pour éviter aux films un passage aux rayons X. En général ils sont compréhensifs, sauf en France, pourquoi c’est un mystère ? Pour l’instant pas trop de dégâts mais toujours cette incertitude quand je prends un cliché : flou ou pas flou à cause de con ? Des clichés du mont Batuken, j’ai envie d’en prendre juste pour le plaisir de déclencher, une névrose comme celle de Monet pour ses nymphéas. Je suis apaisé quand au levé la brume ne couvre pas la chaîne de volcans séparant pratiquement Bali en deux. Vous vous situez au nord des volcans ou au sud des volcans, quoique pour les Balinais le mont Agung est toujours au nord. A découvert, dans tous les sens du terme, l’espoir d’une belle photo, n’est pas Cartier Bresson qui veut, efface pendant quelques instants, surtout en chambre, les impédimentas d’un séjour à Batuan.

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